Les spectacles passés
Célimène et le Cardinal

L'Histoire
La pièce raconte les retrouvailles d'Alceste et de sa délicieuse et cruelle coquette Célimène.
Vingt ans après, notre Misanthrope, devenu entre temps cardinal au pouvoir considérable - au point que Célimène en parle comme de "l'homme le plus puissant de France après le Roi" -, s'invite chez son ancienne amante pour trouver une jolie quadragénaire qui, loin de la cour qu'elle a "trahi" en épousant un bourgeois, semble parfaitement heureuse avec ses quatre enfants.
Mais qu'est donc venu faire l'égal de Mazarin chez cette mère de famille sans histoires?
La sauver!
Car il se dit hanté depuis des mois par un rêve "terrifiant" qu'il a pris pour un message du Ciel et selon lequel elle court un danger mortel.
Convaincu d'être l'ambassadeur de Dieu auprès des hommes, Alceste décide donc de confesser cette brebis égarée, trop heureuse pour être honnête.
Cette confession, tour à tour cocasse, émouvante et …érotique, tourne vite à la joute oratoire entre un janséniste ancré dans son époque et une libertine avant l'heure.
Que sortira t-il de ce conflit?
Les amants de Molière s'aiment-ils toujours?
Ont-ils changé? Oui.
Alceste est devenu cardinal. Cardinal! N'était-ce pas le destin idéal pour un atrabilaire autoritaire et solitaire? Quand un chagrin d'amour frappe un idéaliste tourmenté, de sang bleu de surcroît, les voies du seigneur - pas toujours impénétrables - peuvent s'ouvrir en grand, et même devenir voie royale. Car le voici dans la situation très confortable d'un homme coupé du monde mais le tenant dans sa main de fer car au 17ème siècle, le pouvoir d'un grand de l'église est considérable.
Célimène, elle, est devenue une mère de famille. Elle a trahi la cour en épousant un bourgeois. Elle est en avance. Telle une figure de proue, elle a déjà un pied dans le XVIIIème siècle sceptique et libertin. Elle veut le bonheur.
Vingt ans après, ils sont tous deux revenus de certains émois et de quelques duperies. Sont-ils plus sages? Non.
Célimène reste ce qu'elle fut : une femme hérétique dans sa quête de liberté, provocatrice, courageuse. Et Alceste : un bécassin, un masochiste, un tyran, un prélat égaré dans l'intégrisme, irritablement touchant. Tout peut recommencer.
Alceste a souvent raison. Alceste a toujours raison. Alceste est vite insupportable. Il est boutonné dans sa dévotion et sa caste. Il préfère la vérité, surtout la sienne. Il est puissant. Elle est libre. Il est coincé. Elle est sans gène. Elle pose nue. Il en bafouille.
Adieu Misanthrope! Moins violent que désemparé, il mérite enfin d'être aimé. Et pourtant… Il y a du supplice dans la passion. Célimène la désire. Alceste en cajole déjà le souvenir et le regret. Il croit que l'âme est ce qui refuse le corps.
Ils s'aiment encore, ils s'aimeront toujours, mais en vain…
Un mot du metteur en scène
C'est drôle, pétillant, ludique. C'est tortueux, compliqué, sinueux. C'est l'âme humaine qui fait des siennes. Et on l'aime, telle qu'elle est, compliquée et limpide à la fois.
C'est encore et toujours l'histoire d'un homme et d'une femme. Ils se sont aimés, c'est certain. Puis séparés. Pour se retrouver vingt ans après.
Lui, s'est "vautré" dans la religion. Ca aide, ça soigne les plaies, il paraît.
Elle, s'est embourgeoisée, s'est casée. Elle est maligne, n'a pas pris n'importe quel parti. Son mari, elle l'aime sûrement. Il l'aime à n'en pas douter. Elle est belle femme, il est bel homme. Il lui a fait quatre délicieux enfants.
Mais voilà que ressurgit notre cher Alceste. Après vingt ans de silence absolu. Célimène le reçoit, inquiéte et excitée. Et le couple se reforme dans un face à face surprenant pendant une heure trente devant nous.
Le temps a passé. La vie a fait son œuvre. Dans le sillon de leurs rides, elle a coulé. Que reste t-il de leur passé? Que reste t-il de leur amour? Reste t-on fidèle à ce que nous avons été? Est-il vraiment possible de changer?
Sûrement. Evidemment. Mais intrinsèquement, non.
L'auteur, Jacque Rampal, ne rivalise pas avec son modèle. Culotté, il a écrit une "suite" en vers pour notre époque.Ses alexandrins sont fluides. Les répliques sont percutantes. Les clins d'yeux aux vers célèbres habilement distillés, détournés.
L'hommage est rendu, sans flagornerie. Et Molière doit sourire…
Distribution
Mise en scène : Mitch Hooper
Assistante à la mise en scène : Elvire du Chaffaut
Décor et costumes : Philippe Varache
Lumières : Frédéric Duplessiers
Régie : Arnaud Guillamon
Affiche : Victoire Catalan et Henry de la Martinière
Célimène : Adrienne Bonnet
Le Cardinal : Gilles Langlois
Le duo de Deux sur la balançoire est reformé.
La pièce était en tournée dans la région Centre en 2005. La première a eu lieu le 4 Février au Châtelet-en-Berry.
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